04 novembre 2006

A suivre...

31 octobre 2006

Augenblick


Au-delà de la grille, de la barrière,
un regard sur l'avenir, sur la vie.


Photo : Andreas Hering



Zoe_u_band


De l'écrin sombre de la chevelure émerge le visage
tout en angles et en vivacité.

Les geste triomphant crée un troisième oeil,
soutient l'intensité du regard...


Kim...


Cheveux courts, visage et silhouette fins,
distance du regard,

une rupture avec les stars
de la génération précédente...


Kim Novak, sensuel Vertigo

Kim Novak. Alfred Hitchcock. Sur le tournage de "Vertigo" (Sueurs froides), sorti en 1958. Dernier produit des studios hollywoodiens, Kim se distingue de ses rivales, Monroe, Haiworth, voire Ekberg par une plastique moins plantureuse et un détachement plus marqué.

Dans ce qui est sans doute le plus angoissé des films hitchkockiens, elle contribue au vertige du récit et de l'image à travers deux rôles, ceux de Madeleine Elster et Judy Barton. Six ans plus tard, elle sera "Polly, the pistol" dans "Embrasse-moi, idiot" de Billy Wilder, un rôle quelque peu plus trépidant. Elle quittera l'écran à l'orée des années 70.


  • En savoir plus sur Kim Novak...

  • 29 octobre 2006

    Lynndie England change de prison

    Le 28 septembre dernier, le Tribunal militaire de Fort Hood (Texas) a condamné la soldate Lynndie England à 3 ans de prison. Est ainsi clos, en ce qui la concerne, le dossier des sévices ingligés par les soldats américains aux prisonniers irakiens de la prison d'Abou-Graïb. Le fait qu'une engagée de 22 ans ait participé à ces exactions avait accru l'émotion suscitée, ce genre de réjouissances étant habituellement le fait des hommes. Lynndie aurait été entraînée dans cette galère par son supérieur et amant (et père de son enfant), le Caporal Graner (qui, lui, a pris 10 ans). D'une certaine façon, la morale est sauve... Sur 9 réservistes impliqués dans cette affaire, 6 ont conclu un arrangement avec le Procureur. Le général commandant Abou Graïb à l'époque n'ira pas en prison : il a reçu un blâme et a été muté.



    Doing-a-Lynndie

    Nouveau "trend" anglo-saxon, le "Doing-a-Lynndie" consiste à imiter les attitudes de Lynndie England à Abou-Graïb, lors de soirées arrosées. Diffusées sur le web, ces nouvelles images enfouissent peu à peu le sens des scènes originelles.

    Les photos de Lynndie England en action à la prison d'Abou-Graïb n'ont pas seulement suscité l'émotion (ce moteur majeur de l'opinion publique mondiale) ou la réprobation. Comme tout événement médiatisé ou webisé, elles ont acquis leur propre valeur d'images, leur autonomie.
    Plus que jamais, le media est le message et porte son propre sens, déconnecté des éléments de causalité, de réflexion, de compréhension et d'humanité. L'attitude prise par la jeune femme sur un des clichés scandaleux a ainsi lancé un jeu de mime, de pastiche dans le monde anglo-saxon (Etats-Unis, Royaume-Uni, Australie).

    C'est le "Doing-a-Lynndie"... Sa pratique semble exiger une dose d'alcool équivalente à celle absorbée par la perpétratrice originelle. En diffusant, infusant ces images, la Toile génère des séances photos à l'infini, jusqu'à l'oubli total du fait originel.




    Tube Angel


    Dans la rame d'1h 10,
    peu d'espace pour
    déployer ses elles,
    angoisse ou effusion pour le
    voyageur attardé
    confronté à cette sévère

    apparition.



    Dark Angel


    Rêve de s'envoler, de planer,

    gravé dans la peau,
    sur un ange déchu, déçu,
    plus proche de l'enfer que du
    paradis,
    à moins que l'un et l'autre ne se
    confondent.



    28 octobre 2006

    Le minou de Madonna


    " Ce chat appartient-il réellement à Madonna ? "
    " Voilà un animal bien au chaud... "
    " Il y a un ressemblance frappante entre Madonna et le chat. "
    " Que fait la SPA ?.."
    "On aimerait être à sa place. "
    etc...


    Prises de vue par Martin Schreiber,
    l'homme qui a photographié Louise Veronica Ciccone
    avant qu'elle ne devienne"Madonna".


    Docteur Gallotta


    Confrontation, suspension, frisson...

    Dr. Labus - Cie Emile Dubois - Jean-Claude Gallotta



    Photo Christiane Robin


    On n'a pas tous les jours 20 ans

    Au début des années 90, apparaît sur la scène du Théâtre de la Bastille, au sein d'un chaos post-nucléaire, un humain à tête de tyrannosaure, chantant et jouant à l'accordéon un version funèbre d'On n'a pas tous les jours 20 ans. C'est Karl Biscuit, musicien électro-pop touché par la grâce de la danse contemporaine française alors à son zénith (collaboration avec Philippe Découflé) et celle, plus sombre, de la new-wave gothique belge. Il en sortira, entre autres, l'album "Regrets éternels". Par la suite, Karl retournera à ses premières amours, en fondant la compagnie "Castafiore", exploratrice d'univers utopiques. Il apparaît ici dans un personnage "ligne claire", épurée...


    Quelques miettes de Biscuit : http://www.crammed.be/crammed/107/f.htm



    Photo : Charles Van Hoorick

    27 octobre 2006

    Wish you were here

    Il y a les concerts-spectacle, séducteurs, minutés, computérisés, et puis ceux où la présence principale est celle de la musique... Tel est le cas de la tournée électro-acoustiques effectuée par David Gilmour en 2001-2002..
    A 56 ans, l'ex-guita- riste et beau gosse des Pink Floyd s'y présente en toute sim- plicité, embonpoint généreux et mise négligée... Celle de la star qui n'a plus rien à prouver. Entouré d'anciens et jeunes talents, il revisite des chansons mondialement connues, mais aussi un air de Bizet ou une berceuse des frères Sherman !
    "Shine on, you crazy diamond", "Wish you were here", "High hopes"... dépouillés des effets sonores sophistiqués qui étaient la marque de fabrique du Floyd, les morceaux vivent une nouvelle vie, accédant au statut d'oeuvres musicales trouvant leur valeur en eux-mêmes.

    La violoncelliste Claire Dalle, placée non à la droite mais à la gauche du père, assure avec talent la partition lancinante, envoûtante des airs floydiens.

    Bien joué, David !


    Concerts de juin 2001 et janvier 2002 : sur le DVD "David Gilmour in concert".


  • D'un clic, le site officiel de David Gilmour

  • 26 octobre 2006

    Rush hour


    Un grand saut vers l'infini

    Vous vous sentez plus léger (légère) ?...




    25 octobre 2006

    Jane Birkin, années érotiques

    Joyeux Noël 1974 : le magazine "LUI" publie une série de nus "SM" où la beauté et la sensualité de Jane Birkin sont mises en scène avec une sombre intensité par Gainsbourg. Se dessine ainsi la frontière extrême de l'univers assigné à la jeune Anglaise par son "pygmalion", celui d'un érotisme chic, ingénu, ambigu, dans lequel elle se coula de bonne grâce.

    Moins d'un an après commence le tournage de "Je t'aime, moi non plus", oeuvre audacieuse et ambitieuse sortie en 1976. Changement d'ambiance : Jane s'investit pleinement dans le personnage de "Johnny", jeune femme androgyne emportée dans une liaison sulfureuse avec un camionneur homosexuel! Un sujet digne d'un film underground de l'époque, mais certes pas attendu du couple glamour adoré des Français...

    Alors qu'ils expriment une réelle transgression, Serge et Jane sont rejetés par la France giscardienne... La critique tire à boulets rouges sur le film, Gainsbourg, et même l'intouchable Birkin. 150 000 entrées, pas mal, mais bien loin du succès...

    Le couple-fétiche reviendra en eaux plus sages, en 1978 ("Ex-fan des sixties, petite baby doll..."), puis se délitera. Gainsbourg trouvera un succès contestable mais incontesté avec le personnage de beauf' anar de "Gainsbarre". Jane Birkin, quant à elle, ne tournera plus que trois films dans les années 70, et quittera son mentor égotiste et déglingué. C'est après, avec d'autres, qu'elle déploiera réellement ses talents d'actrice et de comédienne.


    D'un clic, les autres articles sur Gainsbourg-Birkin dans ce blog :


    23 octobre 2006

    L'oeil dans le sable


    " Et l'oeil était dans le sable et regardait Eve..."




    Les Law Lords sauvent Zainab

    En acceptant le recours d'une jeune sierra-léonnaise, les "Law Lords" britanniques ouvrent la voie de l'asile aux femmes du monde entier menacées par des pratiques de mutilation sexuelle.

    Zainab Fornah (18 ans) doit bénir les Law Lords, juges de la Chambre des Lords et instance judiciaire de dernier recours en Grande-Bretagne.Les cinq juges ont déterminé qu'être exposée à la menace d'une mutilation génitale coutumière faisait bien d'elle une réfugiée, membre d'un "groupe social exposé à la persécution", suivant les termes de la convention des Nations-Unies, et lui ouvrait les avantages du droit d'asile. Ne disposant jusque-là que de 3 ans de sursis avant son expulsion vers la Sierra Leone, la jeune fille échappe ainsi à la menace d'une circoncision rituelle dont son père l'avait préservée lorsqu'elle était enfant. Si l'on considère qu'elle a fui son pays après avoir été enlevée par des rebelles, violée et rendue enceinte, on peut dire qu'elle échappe à une épreuve supplémentaire dans sa vie. Pour l'une des juges, Lady Hale of Richmond, cette décision va tellement de soi qu'elle s'est étonnée que ce cas soit remonté jusqu'à sa juridiction. Elle a estimé que ce jugement pourrait s'appliquer "aux nombreuses autres femmes fuyant de telles menaces dans le monde entier". Une décision exemplaire, le Royaume-Uni s'en tenant jusque-là au respect d'une coutume pratiquée "entre femmes". Un infléchissement, aussi d'une tendance au strict respect des communautarismes...

    Plus de détails sur les sites : du "Guardian" :


    21 octobre 2006

    Pur manga (suite)


    Blonde, Brun,

    Yin-Yang,
    parcours sinueux,

    de chacun en soi
    au dialogue, puis à la
    fusion.



    Nights in white satin...


    - "Beauty I'd always missed with these eyes before, just what the truth is I can't say anymore".
    - Qu'est-ce que tu chantes ?

    - "Nights in white satin", Moody Blues, 1967.
    - Je n'étais pas né.
    - Et
    alors ?.. Même si tu étais né en 1967, je ne vois pas ce que cela changerait.
    - Pourquoi cette chanson ?

    - Cette photo... cette femme qui dort dans des draps de satin.

    - Elle ne dort pas.

    - Ah non ?

    - De sa main posée, crispée, ses cheveux balayés en une vague sombre, elle communique tension et désordre à l'ensemble de son corps et des draps froissés...

    - C'est vrai ?!.

    - Son corps exposé, ouvert, reins cambrés... cette femme fait l'amour.

    - Elle est seule.

    - Elle fait l'amour virtuellement... avec, je ne sais pas moi, un esprit... un incube, un succube, je n'ai jamais bien su.

    - Ca dépend de ce qu'elle préfère. Donc, cette femme ne dort pas ...

    - Si, peut-être, mais alors elle rêve d'une nuit d'amour, d'une longue nuit d'amour, elle l'appelle de ses rêves...
    - Elle ou toi ?..
    - Ah... "Never reaching the end..."
    - Ce n'est qu'une photo, tu sais...



    Hard candies

    Sorti récemment, le film "Hard candy", de David Sadle, confronte une web-surfeuse de 14 ans à un photographe de trente ans et quelque en quête de chair (très) fraîche. Lorsqu'ils se rencontrent, elle fait preuve de candeur face à cet homme devant lequel tant de femmes se sont dévêtues, mais aussi de hardiesse juvénile. Une fois chez lui, le rapport de force bascule rapidement, et l'homme se retrouve tout à la fois exposé à de longues exhortations morales, un examen impitoyable de son passé... et une menace d'émasculation en direct.

    Si Ellen Page est assez fascinante dans ce rôle de teenager en contrôle de la situation, Patrick Wilson ne parvient pas vraiment à convaincre... son regard clair et vide et son jeu superficiel évoquent malheureusement Jeff Daniels.

    La trame de "Hard Candy" amène à évoquer celle d'"Audition" de Takashi Miike, sorti en 2002. En quête d'une juvénile épouse, le héros se retrouve lui aussi au pouvoir d'un jeune femme sadique, en l'occurrence la plus troublante et plus mature Aoyama Asami...

    Objectivement, le film américain est au japonais ce que le "Canada dry" est au rhum de plantation... Difficile, il est vrai, de battre un cinéaste nippon en matière de tension, d'ambiance glauque et d'univers SM raffiné.

    Fiche et photos de Hard Candy :
    http://www.cinemovies.fr/fiche_film.php?IDfilm=11293


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    morgen (extrait 1)

    Par un après-midi ensoleillé, Else aborde tout à fois son passé, ses pensées et les rouleaux du Pacifique...

    Une fin d’après-midi, elle se rendit au bord de l’océan, sur une plage redoutée des nageurs, aimée des surfeurs.

    La marée était descendante. Aucun rouleau se ruant majestueusement à l’assaut du rivage, mais une multitude de vagues plus modestes en apparence, traîtresses, âpres, violentes, croisées, qui, se démenant sur une faible profondeur, frappaient rudement Else à la poitrine, au ventre, sapaient ses jambes, dérobaient le sable sous ses pieds, la faisaient chuter, la balayaient, la submergeaient, la plaquaient douloureusement sur le sol mouvant, rugueux. Elle se laissait aller, emporter, puis se redressait vivement, ajustait son deux-pièces, rattachait ses cheveux, inspirait profondément, et se lançait dans un nouvel assaut impétueux, insultant les flots agressifs, les défiant, les combattant avec rage et bonheur. Elle voulait… elle voulait les vaincre, les franchir, nager vers le large, ou les laisser la prendre, l’engloutir, l’achever… elle ne savait trop. Elle criait, elle pleurait sans pouvoir s’arrêter, sa voix, ses pleurs noyés dans le fracas liquide sans cesse renouvelé, dans les cris déchirants des mouettes frénétiques, affolées.

    Sur la longue plage, des promeneurs, des surfeurs au repos l’observaient, intéressés, inquiets. Il s’en fallut de peu que l’un ou l’autre n’allât la chercher, la rappeler au monde.

    Enfin, fauchée par une dernière vague, suffocante, elle renonça à franchir ce barrage déchaîné, sortit, vacillante, frissonnante, dans le soleil peu à peu voilé par la brume. Elle marcha avec difficulté, tout en massant ses seins et son ventre douloureux.

    Un jeune homme musclé, bronzé, aux cheveux artificiellement blondis, vint résolument à elle, de loin, une boîte de boisson énergétique à la main.

    - Ca va, Madame ? Vous allez bien ?

    Tout en s’essuyant, tremblante, épuisée, elle le regarda d’un air égaré.

    - Madame, vous allez bien ?

    Else cligna des yeux, soupira, sourit faiblement :

    - Oui, oui… J’ai été un peu secouée, c’est tout.

    - C’est dangereux, ici, vous savez. Tenez…

    Il décapsula la boîte, la lui tendit. C’était frais, sucré. Réconfortant, odorant.

    Elle but à longs traits. Savoura. Souffla.



    20 octobre 2006

    Le rock a 80 ans

    Hail, hail rock'n roll !

    Rendu célèbre par le "duck-walk" et "Maybellene", en 1955, puis "Johnny be good", "Roll over Beethoven", ou "Sweet little sixteen", inspirateur des Stones, des Beatles, etc, Chuck Berry a fêté ses 80 ans le 18 octobre dernier, sur la scène du "Blueberry Hill", à Saint-Louis (Missouri).



    Ici sur scène en avril 1980 - Photo AP

    Christique Madonna


    Orthodoxes russes, protestants néerlandais, anglicans... de nombreux croyants ont été indignés par l'apparition de Madonna dans une parodie de crucifixion lorsqu'elle interprétait "Live to tell", lors de sa tournée mondiale "Confessions Tour". La chanteuse a justifié cette performance dans un communiqué irréprochable : "Ma confession sur scène n'est pas faite pour se moquer de l'Eglise. Ce n'est pas différent de ceux qui portent une croix ou qui se signent. Ma performance n'est ni antichrétienne, ni un sacrilège, ni un blasphème. C'est plutôt ma façon d'encourager les spectateurs à aider leurs prochains et à voir le monde comme un seul et même tout. Je crois profondément que si Jésus était vivant aujourd'hui, il ferait de même." La chaîne de télévision américaine NBC a prudemment choisi d'ignorer la scène contestée dans la captation du spectacle qu'elle diffusera le 22 novembre. Il reste cependant moins dangereux de pasticher le Christ qu'un certain prophète… surtout si on est une femme.

    Confessions Tour : galleries photos :
    http://www.confessionstour.com/site/gallery.html



    19 octobre 2006

    1967, l'odyssée de l'espace


    En l'an 3000, tous les peuples de la Terre se sont unis face à la menace galactique. Un parmi tant d'autres, le vaisseau Orion patrouille aux confins de l'espace. Coproduction franco-bavaroise, la série "Raumpatrouille", ou "Commando spatial" est courageusement programmée par la télévision publique française en 1967 (oui, un avant les "événements"). La science-fiction fait ainsi irruption dans les foyers français. Terriens, le Lieutenant Tamara Jagellovsk (alias Eva Pflug) veille sur vous !

    En savoir plus sur cette s-f du passé, trouver des liens (in english) :
    http://orionspace.de/ww/de/pub/english.htm


    17 octobre 2006

    Le hip hop n'adoucit pas les moeurs

    D'après une étude du Département de psychologie de l'Université de Leicester (GB), les styles de musique ont un effet sur le mode de vie et les moeurs (et vice- versa). Ainsi, celles et ceux qui avouent avoir eu 5 partenaires sexuels et plus dans les 5 dernières années sont : 3,5% chez les amateurs d'opéra, 4,2% chez les" classique", 6,5% chez les "rock" (eh oui...), 13,5% chez les jazzeux, 16,4% chez les "soul" (on s'attendait à mieux), 21,1% chez les "R'nB", et pas moins de 37,5% chez les "hip hop" ! Les "Country and western" sont à la traîne, avec un timide 1,5%... La différence est encore marquée dans la situation conjugale, la proportion de personnes mariées étant respectivement de : 69,7% (classique), 66,2% (country), 55% (opéra), 44,8% (jazz), 41% (soul), 38,6% (rock), seulement 16,2% pour le "R'nB", et un pitoyable 4,3% pour le hip hop. Certes, la moyenne d'âge des divers groupes varie fortement. Il n'en est pas moins vrai que le hip hop est résolument "sex".

    Pour apporter votre contribution à cette vaste recherche, via un questionnaire en ligne : http://www.musicaltastetest.com/

    Serge, mon amour

    Comment expliquer l'adulation persistante de Jane Birkin pour Serge Gainsbourg, 25 ans après leur séparation ?.. On trouve des éléments de réponse assez décon- certants dans une interview titrée "Serge, mon amour", donnée en février 2003 à Will Hodgkinson, du "Guar- dian", pour la sortie d'"Arabesque". Un éclai- rage spontané sur Gains- bourg, la relation à l'intérieur du couple mythique, l'univers dans lequel celui-ci évoluait, et la personnalité de Birkin. A 56 ans, Jane voyait toujours Serge avec des yeux d'ingénue...

    "C'était un être si compliqué. Il voulait que chacun l'aime, tout en brûlant des billets de 500 francs à la télévision pour provoquer… Il a acheté une Rolls-Royce qu'il utilisait comme cendrier parce qu'il n'avait pas le permis de conduire, et ça l'amusait de dire qu'il avait reçu l'argent pour l'acheter du gouvernement communiste de Tito, après avoir tourné un film en Yougoslavie. Il a fait le tour de la Suisse pour trouver un endroit sûr pour sa pépite d'or, et après il a perdu l'adresse de la banque. Je n'ai aucune idée de l'endroit où est cette pépite à présent."

    "Il était terriblement conscient de son apparence… Il a surmonté cela avec l'aide de femmes superbes."

    "Il me disait toujours qu'il m'aimait parce qu'il était effrayé par les gros seins... Pourtant, quand j'y pense, Bardot et Bambou avaient les poitrines les plus magnifiques qu'on puisse imaginer… je ne suis donc pas certaine que j'aurais dû le croire. Vous voyez, si Serge séduisait les filles, c'est parce qu'il était très malin."

    "A part avoir inspiré ses chansons, mon seul rôle auprès de Serge a été de lui conseiller de cesser de se raser et de lui offrir un diamant à porter à son cou. Il y avait du dandy en lui, et moi, je trouvais si sophistiqué de porter un diamant sur une poitrine nue…. Il l'a perdu en passant une soirée du Nouvel An à Pigalle avec mon frère. Ils pensaient s'être fait simplement embrasser et câliner dans une voiture inconnue, alors qu'en fait, ils avaient été dépouillés de tout ce qu'ils possédaient. Lorsque Serge est rentré, il m'a dit : "J'ai perdu tout mon plumage". Alors, je lui ai offert des saphirs."

    "Bien qu'il n'ait pu s'empêcher de sortir "Lemon incest", je n'ai jamais vu Serge sans robe de chambre, et aucun des enfants ne l'a jamais vu nu… Aussi pudique que quiconque, il pensait que se balader nu était la chose la plus vulgaire au monde. Mais si je lui disais à propos de "Lemon incest" ou autre chose : "Je pense que tu vas trop loin", il me répondait " Les gens dans la rue trouvent que c'est marrant, alors, tant pis pour toi".

    "Il voulait être aimé de tous les publics... Il avait besoin d'être en couverture des magazines pour se prouver qu'il existait encore… Ce n'a pas été un bonheur pour moi de chanter ces chansons, parce que je savais pourquoi il les avait écrites, et c'était généralement quand il était triste. Mais je suis certaine qu'il serait fou de joie de voir qu'elles sont encore là, et cela me pousse à le faire. Il était intensément timide, sans être faussement modeste, et il restait chic, même au cœur du chagrin et de la souffrance. Voilà l'homme remarquable que c'était."


    Interview intégrale sur le site du "Guardian"
    (in english, of course) : http://arts.guardian.co.uk/features/story/0,,888892,00.html

    (incluse, une version romantique et post-datée des circonstances de leur rupture)


    Photo : Gabrielle Crawford


    Childhood wave

    Sous le regard prudent du garçon, qui a déjà perdu la partie, la fillette lutte de vitesse contre un rouleau. Il y a toute l'excitation de la vie en elle, entre dangers réels ou imaginaires et la capacité à les surmonter ou à les laisser derrière soi. C'est la joie à l'état pur.

    Photo : John Maddocks

    13 octobre 2006

    Correspondance

    - Hier soir, l'ambiance n'était pas terrible chez moi...
    - Ah bon ?..
    - J'ai reproché à Sylvie de stagner... Elle se plaint toujours de son boulot, mais elle ne fait rien pour en changer.
    - Et alors ?

    - Elle devait être fatiguée... elle s'est mise à pleurer.
    - Beau résultat.
    - Oui.
    - Alors, tu l'as prise dans tes bras ?
    - Non... Je ne supportais pas de la voir pleurer. Je suis sorti de la pièce, puis je suis allé me balader dans le quartier. Quand je suis rentré, elle était couchée. Je suis allé voir si la gamine dormait, puis je l'ai rejointe.
    - Et ?..
    - Et rien. On a dormi chacun de notre côté, de part et d'autre de la faille de Saint-Andreas. J'avais envie de la toucher, de la consoler, mais j'ai laissé la rancoeur prendre le dessus. Après, il était trop tard. Ce matin, elle avait l'air triste, les traits tirés. On a joué le service minimum devant Chloé. Puis on s'est dit "A ce soir.." sans conviction. Voilà...
    - Moyen, comme bilan.
    - Que deviendrait un homme sans une femme à faire pleurer, à ses côtés ?..
    - Une femme peut aussi casser un mec.
    - C'est vrai, mais il ira plutôt se planter devant la télé, picoler, non ?
    - Puis chercher quelqu'un à qui casser la figure...
    - Bon, j'y vais...
    - Tu descends là ?
    - Oui.
    - Merci pour cette plaisante anecdote qui va éclairer ma journée...
    - Pas de quoi. Salut !
    - Salut.



    12 octobre 2006

    Lying in the nature


    " I just like lying in the nature "



    Fuir le bonheur

    La fête est finie. Le couple glamour des années 70 ne fonctionne plus. Alors que Jane Birkin ne tourne ni ne chante, Gainsbourg enchaîne "hits", disque d'or, de platine, et concerts... Provocation après provocation,il installe le personnage de "Gainsbarre". L'alcool, l'égo auto-destructeur de cet homme occupent le devant de la scène et ne le quitteront plus. Lasse des bitures quotidiennes et des mauvais traitements, Birkin, déjà sur la piste d'un autre, se sauvera avec ses filles, par une nuit d'août 1980. Viendra le temps d'une mordante nostalgie qui trouvera son expression dans les textes qu'écrira Gainsbourg pour deux albums de Jane, le sensible "Baby alone in Babylone" et le crépusculaire "Amours des feintes", dont il dessinera la pochette, un dernier salut à ses rêves de peintre. Une touche finale et décisive à la légende du couple...


    Sur "Gainsbarre" , et la complaisance perverse du public français à son égard : le regard décalé de Nick Kent (in english) : http://arts.guardian.co.uk/features/story/0,,1754146,00.html




    10 octobre 2006

    Je t'aime, moi non plus


    Chez nous, ce couple évoque une passi
    on forte, médiatisée à outrance, et surtout une relation créative de vingt-trois ans, interrompue par la mort de Serge Gainsbourg, suivie d'un veuvage birkinien perpétuellement proclamé. Hors de nos frontières, la référence demeure les années 60/70, "Je t'aime, moi non plus", "hit" mondial scandaleux, et le corps tour à tour sensuel ou androgyne de Jane Birkin exposé, décliné dans photos, films, magazines de mode et "de charme". Ici, fin 1974, ces amants emblématiques poussent à sa perfection le jeu exhibitionniste qu'ils ont si souvent pratiqué. Cet homme et cette femme sont allés loin dans la complicité, l'expression et l'exploitation du désir. Trente ans après, on en reste coi.



    Haïti, image et mots

    - C'est où, ca ?
    - C'est à Haïti, peut-être le pays le plus pauvre de la planète.
    - Et qu'est-ce qui se passe ?
    - C'est une collégienne. Elle fait cirer ses chaussures avant d'aller à l'école. Sinon, elle n'y rentre pas.
    - A Haïti ?
    - A Haïti.

    - Une fille de riche...
    - Je ne sais pas, les filles de riches, s'il en reste là-bas, doivent plutôt faire leurs études aux Etats-Unis.
    - Alors ?

    - Alors, quand ton pays est dans l'anarchie, sans grande perspective d'en sortir, une solution, c'est de maintenir une règle, une coutume, pour qu'au moins une partie des nouvelles générations voie les choses autrement. Ca s'appelle la dignité.
    - Ah oui ?...
    - Ah oui. En Colombie, les personnes qui quittent les bidonvilles pour aller travailler dans les prospères centre-villes sont habillées impeccablement. Elles changent juste de chaussure au bon moment. Elle révèrent la propreté, l'hygiène... C'est comme cela qu'on survit.
    - Pour toi, c'est pareil à... Haïti.
    - Oui.
    - Remarque, il faut mieux que la jeune fille porte son uniforme correct, parce qu'elle est déjà tout à fait craquante.
    - Avec toi, tout se résume à une histoire de cul.
    - C'est une histoire de beauté. La beauté des femmes est partout dans le monde. C'est un don de Dieu, même si tous ne le pigent pas.
    - Même à Haïti...
    - Absolument.

    Photo AP

    09 octobre 2006

    Autour d'un poney

    Ces deux fillettes réunies autour d'un poney n'ont pas la même aura historique. Celle de droite est Caroline Kennedy, fille de John. Celle de gauche, Linda, est la soeur du "groom" en charge du poney. Son père n'a pas été assassiné à Dallas deux ans et demi plus tôt. En 2006, elle n'est pas l'unique survivante de la famille, mariée à un designer et créateur d'événements new-yorkais, et Présidente de la Kennedy Library Foundation... Une vie plutôt paisible suivant les standards familiaux.

    Rêve blême

    Indiscernables, courbées, dissimulées, fantomatiques, telles apparaissent les femmes dans cette vaste cérémonie musulmane en Indonésie. Un rêve blême, hélas devenu réalité.

    08 octobre 2006

    Lyceum

    Les défilés de mode ressemblent fortement à une sortie de lycée de luxe. Les "femmes" semblent absentes de cet univers féminin.

    Voir aussi : "Mortel modèle" dans ce blog.

    Photo AP : Préparation du show Fatima Lopes Printemps-Eté 2007 - Paris

    Deuil urbain

    Les jours de pluie, les jours de froid se profilant à l'horizon, nombre de Parisiennes et de Parisiens se vêtent à nouveau tout en noir. Pantalons, chaussures, pulls, et surtout, imperméables noirs repeuplent les rues. Ce noir s'affirme chaque année, se densifie, devient un noir d'encre ne laissant nulle issue à l'espoir. Mais de quoi, de qui portent-elles, portent-ils le deuil ?..


    Oh, Hedy ...

    Hedy Kiesler, future Hedy Lamarr, fit sensation en 1933 dans le film "Ekstase" du Tchécos- lovaque Gustav Machaty.
    Non contente de se détourner de son époux plus âgé peu attiré par ses incontes- tables charmes, elle se baignait nue, courait dans le même appareil derrièr
    e un cheval, rencontrait à cette occasion son jeune amant et exprimait l'extase dans un gros plan sur son visage.
    Le film fit scandale lors de sa présentation à la Mostra de Venise
    en 1934, sous Mussolini, donc. Il fut également bloqué par les douanes américaines. zéro partout dans le match dictature- démocratie.
    Très graphi
    que, très symbolique, quasi-muet, "L'Extase" avait dès lors gagné son statut de film-culte incontesté.

    Filmographie d'Hedy sur : http://www.imdb.com/name/nm0001443/